lundi 26 janvier 2015

Les phobies

La coulrophobie (la peur des clowns)


  Tu te promènes dans un parc, seul. Tu aimes bien ça, marcher dans ce parc, tu trouves ça relaxant. Tu reconnais les bancs çà et là, tu connais leurs emplacements. Il fait nuit d'encre, le ciel sombre est parsemé de petits points lumineux. C'est le silence absolu, à part quelques bruissements de feuilles de temps en temps et des murmures du vent. La lune se dresse, si majestueuse, dans les cieux étoilés, éclairant ton chemin. Tu te mets alors à penser aux étoiles; pourquoi les voyons-nous alors qu'elles sont mortes depuis bien longtemps déjà? étaient-ce des soleils, ou des planètes comme la nôtre? Un bruissement te tire soudainement de tes rêveries. Tu te retournes, effrayé, mais constates avec soulagement que ce n'était que ton imagination. Tu poursuis ton chemin, mais diantre! un second bruit surgit de la nuit! Cette fois, tu continues de marcher, en pressant le pas, sans te retourner, le coeur qui bat la chamade. Subitement, un troisième, puis un quatrième bruit se rendent à tes oreilles, suivis d'un petit rire à peine audible. Affolé, tu te retournes pour voir, tapi dans l'obscurité nocturne, un être qui ressemble tout au plus à un clown. Il se met alors à rire joyeusement en s'approchant vers toi, mais toi, tu ne peux pas bouger. Pourquoi ne peux-tu pas bouger? Premièrement, parce que tu es paralysé d'effroi, mais ce n'en est pas la raison principale. Un deuxième être, lui aussi s'apparentant à un clown, te retiens, t'empêche de t'enfuir. Tu pleures en silence en observant le clown tranquillement se rapprocher de ton corps à présent sans défense.

  Après ce qui t'a paru deux éternités, le clown te fait face. Il est là à te regarder, à quelques centimètres de ton visage horrifié. Tu sens son haleine fétide, son regard lourd qui te fusille, comme s'il brûle d'envie de mordre à pleines dents dans ta chair fraîche. Il hume ton odeur délectable en lâchant des rires qui se transforment peu à peu en cris de folie. Toi, vulnérable, tu ne peux que regarder tristement les événements, tu ne peux que le voir se rapprocher, crocs sorties, tandis que l'autre bouffon te brusque vers le sol. Tu ne peux que le voir avancer ses dents jaunies par le temps vers ta poitrine. Il saisit ton chandail de ses dents et en arrache une bonne partie en poussant des rires étouffés par le morceau de tissu qu'il tient entre ses deux mâchoires puissantes. Ta poitrine est maintenant nue, ce qui enjôle ton assaillant. Il lacère légèrement ta peau de ses canines, puis lèche le sang qui perle des tes déchirures. Tu cries, tu verses des larmes, mais à quoi bon?

  Il commence donc à abaisser son visage maquillé grotesquement vers ton ventre, tout en zébrant ton tronc de blessures. Il descend toujours, jusqu'à dépasser ton ventre, il descend vers ta cuisse droite. Il déchire ton Jean bleu et mord à pleines dents ta jambe. Il mâche, il mâche ta chair en bouillie, et toi, oh toi! tu hurles, tu hurles à t'en sortir les poumons par la bouche, tu souffres tellement!

  Le clown a maintenant dévoré la presque totalité de la partie visible de ta cuisse droite. Repu, il s'assoit sur le bas de ton ventre et sort un marteau de tu-ne-sais-où. Les yeux inondés de larmoiements, tu le supplies de t'épargner, mais lui, il lève son bras armé avec une lenteur infernale. Il pousse un dernier rire avant de se donner un élan, le marteau aboutissant dans ton crâne, pile dans l'oeil. Ton visage se détend, mais il est toujours imprégné de panique, de souffrance et de tristesse sans fond.

  La douleur et les pleurs ont disparu. Ce coup violent s'est avéré être ta planche de salut.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire